La CNIL sanctionne Google et Shein de 250M€ pour la gestion des cookies

Dans un contexte de renforcement de la protection des données personnelles, la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a de nouveau démontré sa fermeté en prononçant, le 29 décembre 2022, de lourdes sanctions financières à l’encontre de géants du numérique : GOOGLE LLC, GOOGLE IRELAND LIMITED et la plateforme de mode SHEIN. Ces décisions s’inscrivent dans la continuité du plan d’action initié en 2019 par l’autorité française, visant à assurer une meilleure conformité des acteurs du web avec la législation relative aux cookies et autres traceurs. Les manquements constatés concernent principalement la complexité du mécanisme de refus des cookies, rendue délibérément plus ardue que leur acceptation, une pratique jugée non conforme aux exigences légales.

Le cadre réglementaire des cookies : le consentement libre et éclairé

La législation européenne, notamment le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) et la directive e-Privacy, encadre strictement l’utilisation des cookies. Elle exige que les utilisateurs donnent un consentement libre, spécifique, éclairé et univoque avant que des traceurs non essentiels ne soient déposés sur leur terminal. Un principe fondamental est celui de la facilité de choix : refuser les cookies doit être aussi simple que de les accepter. La CNIL veille scrupuleusement au respect de ce principe, considérant que des parcours utilisateurs complexes pour le refus constituent une entrave à la liberté de choix et un détournement des intentions de la loi.

Des pratiques non conformes sur google.fr, youtube.com et shein.com

L’enquête de la CNIL a mis en lumière des pratiques litigieuses sur les sites emblématiques google.fr, youtube.com (pour Google) et shein.com (pour Shein). Dans chacun des cas, il a été constaté que les entreprises avaient mis en place des interfaces de gestion des cookies où le bouton permettant d’accepter tous les traceurs était directement accessible, tandis que le refus nécessitait plusieurs clics ou une navigation dans des menus secondaires. Cette asymétrie dans la facilité d’accès aux options de consentement a été interprétée par la CNIL comme une incitation à l’acceptation et un obstacle au refus, en violation des principes de la protection des données.

Des amendes records pour des manquements persistants

En conséquence de ces manquements graves, la CNIL a prononcé des amendes d’une ampleur significative :

  • Une sanction de 150 millions d’euros à l’encontre de GOOGLE LLC et GOOGLE IRELAND LIMITED. Cette amende est répartie entre les deux entités : 60 millions d’euros pour Google Ireland Limited et 90 millions d’euros pour Google LLC.
  • Une amende de 100 millions d’euros à l’encontre de SHEIN.

Ces montants, parmi les plus élevés jamais imposés par la CNIL, soulignent la détermination de l’autorité à faire respecter les droits des internautes et à sanctionner les acteurs qui ne se conforment pas pleinement à la réglementation. Ces décisions rappellent aux entreprises que la transparence et la facilité de choix en matière de cookies ne sont pas de simples recommandations, mais des obligations légales dont le non-respect peut entraîner de lourdes conséquences financières et réputationnelles.

Fiche d’arrêt

  • Juridiction : CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés)
  • Date de la décision : 29 décembre 2022
  • Parties : GOOGLE LLC, GOOGLE IRELAND LIMITED, SHEIN
  • Sujet : Non-respect de la législation sur les cookies, notamment en rendant le refus de cookies plus complexe que leur acceptation sur les sites web google.fr, youtube.com et shein.com.
  • Conclusion : La CNIL a prononcé deux amendes à l’encontre de GOOGLE LLC et GOOGLE IRELAND LIMITED, et de SHEIN, suite à des manquements concernant l’utilisation des cookies.
  • Condamnation : 150 millions d’euros à l’encontre de GOOGLE LLC et GOOGLE IRELAND LIMITED (dont 60 millions d’euros pour Google Ireland Limited et 90 millions d’euros pour Google LLC) et 100 millions d’euros à l’encontre de SHEIN.

CNIL: Dix Sanctions RGPD pour 104 000€ en 2025 Analyse et Impact

La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) continue de renforcer son action en faveur de la protection des données personnelles. Depuis le début de l’année 2025, l’autorité de contrôle française a prononcé dix nouvelles décisions de sanctions, totalisant des amendes administratives d’un montant cumulé de 104 000 euros. Ces décisions, prises dans le cadre de la procédure simplifiée, visent à rappeler aux organisations leurs obligations strictes en matière de Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD).

Ces sanctions, dont la dernière en date a été rendue publique le 22 mai 2025, couvrent un large éventail de manquements. Elles mettent en lumière les points de vigilance majeurs pour les entreprises et les administrations face aux exigences du RGPD, notamment en ce qui concerne la gestion des données de leurs salariés et la sécurité générale de leurs systèmes d’information.

Manquements Répétés : Surveillance et Sécurité des Données au Cœur des Préoccupations

Les motifs de ces condamnations sont variés mais convergent vers des problématiques fondamentales du RGPD. La surveillance des salariés, qu’elle soit opérée par vidéosurveillance ou par géolocalisation, reste un domaine où de nombreuses entités peinent à garantir la proportionnalité et la transparence du traitement. La CNIL insiste sur la nécessité d’informer clairement les personnes concernées et de justifier la légitimité de tels dispositifs.

La sécurité des données constitue un autre axe majeur des manquements constatés. La gestion des accès, la robustesse des mots de passe et la mise en œuvre de mesures techniques et organisationnelles adéquates pour protéger les informations sont des exigences non négociables du RGPD. Des lacunes dans ces domaines peuvent entraîner des violations de données, avec des conséquences potentiellement lourdes pour les individus et les organisations.

Défaut d’Information, Conservation Excessive et Non-Coopération : Les Autres Points de Corde

Le défaut d’information des personnes sur la collecte et l’utilisation de leurs données est un manquement récurrent. Le RGPD impose une obligation de transparence, exigeant que les individus soient pleinement conscients de la manière dont leurs informations sont traitées. De même, la durée de conservation excessive des données est un problème persistant. Les organisations doivent définir et respecter des durées de conservation pertinentes et limitées au regard des finalités de traitement.

Enfin, certains dossiers ont révélé des manquements à la coopération avec l’autorité de contrôle et des violations de données non gérées conformément aux procédures établies. La réactivité et la bonne foi dans les échanges avec la CNIL, ainsi que la gestion rigoureuse des incidents de sécurité, sont essentielles pour limiter les risques de sanctions.

Ces dix sanctions, totalisant 104 000 euros, démontrent la volonté de la CNIL d’utiliser la procédure simplifiée pour traiter efficacement un nombre croissant de dossiers et rappeler à l’ordre les organisations qui ne respectent pas les fondamentaux du RGPD. L’objectif est clair : renforcer la conformité et assurer un niveau élevé de protection des données pour tous.

Fiche d’arrêt

  • Juridiction : CNIL
  • Date de la décision : 22 mai 2025
  • Parties : N/A
  • Sujet : Manquements au Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), principalement liés à la surveillance des salariés (par vidéosurveillance ou géolocalisation), à la sécurité des données (gestion des accès et mots de passe), au défaut d’information des personnes, à la durée de conservation excessive des données, à des manquements à la coopération et à des violations de données.
  • Conclusion : La CNIL a prononcé dix nouvelles décisions de sanctions dans le cadre de sa procédure simplifiée, depuis janvier 2025, pour un montant cumulé d’amendes de 104 000 euros, afin de renforcer la conformité au RGPD.
  • Condamnation : Amendes administratives pour un montant cumulé de 104 000 euros.