CJUE: Droit d’auteur IA et Google Gemini en examen
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) est saisie d’une affaire déterminante qui pourrait redéfinir l’application du droit d’auteur à l’ère de l’intelligence artificielle générative.
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) est saisie d’une affaire déterminante qui pourrait redéfinir l’application du droit d’auteur à l’ère de l’intelligence artificielle générative.
Après des années d’une bataille judiciaire acharnée, Google et Epic Games sont parvenus à un accord décisif concernant les pratiques anticoncurrentielles du géant de Mountain View sur son Play Store. Cette entente, qui fait suite à d’importantes décisions de justice aux États-Unis, marque un tournant pour l’écosystème Android et la distribution d’applications.
Dans un contexte de renforcement de la protection des données personnelles, la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a de nouveau démontré sa fermeté en prononçant, le 29 décembre 2022, de lourdes sanctions financières à l’encontre de géants du numérique : GOOGLE LLC, GOOGLE IRELAND LIMITED et la plateforme de mode SHEIN. Ces décisions s’inscrivent dans la continuité du plan d’action initié en 2019 par l’autorité française, visant à assurer une meilleure conformité des acteurs du web avec la législation relative aux cookies et autres traceurs. Les manquements constatés concernent principalement la complexité du mécanisme de refus des cookies, rendue délibérément plus ardue que leur acceptation, une pratique jugée non conforme aux exigences légales.
La législation européenne, notamment le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) et la directive e-Privacy, encadre strictement l’utilisation des cookies. Elle exige que les utilisateurs donnent un consentement libre, spécifique, éclairé et univoque avant que des traceurs non essentiels ne soient déposés sur leur terminal. Un principe fondamental est celui de la facilité de choix : refuser les cookies doit être aussi simple que de les accepter. La CNIL veille scrupuleusement au respect de ce principe, considérant que des parcours utilisateurs complexes pour le refus constituent une entrave à la liberté de choix et un détournement des intentions de la loi.
L’enquête de la CNIL a mis en lumière des pratiques litigieuses sur les sites emblématiques google.fr, youtube.com (pour Google) et shein.com (pour Shein). Dans chacun des cas, il a été constaté que les entreprises avaient mis en place des interfaces de gestion des cookies où le bouton permettant d’accepter tous les traceurs était directement accessible, tandis que le refus nécessitait plusieurs clics ou une navigation dans des menus secondaires. Cette asymétrie dans la facilité d’accès aux options de consentement a été interprétée par la CNIL comme une incitation à l’acceptation et un obstacle au refus, en violation des principes de la protection des données.
En conséquence de ces manquements graves, la CNIL a prononcé des amendes d’une ampleur significative :
Ces montants, parmi les plus élevés jamais imposés par la CNIL, soulignent la détermination de l’autorité à faire respecter les droits des internautes et à sanctionner les acteurs qui ne se conforment pas pleinement à la réglementation. Ces décisions rappellent aux entreprises que la transparence et la facilité de choix en matière de cookies ne sont pas de simples recommandations, mais des obligations légales dont le non-respect peut entraîner de lourdes conséquences financières et réputationnelles.
Avis de non-responsabilité : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Pour obtenir des conseils adaptés à votre situation, il est impératif de consulter un professionnel du droit qualifié.
La Cour de district des États-Unis pour le district de Columbia a rendu une décision historique le 5 août 2024, déclarant Google LLC coupable de maintien illégal d’un monopole. Ce jugement marque un tournant majeur dans la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles des géants du numérique, accusant Google d’avoir étouffé la concurrence sur les marchés des services de recherche générale et de la publicité textuelle de recherche.
Selon la Cour, Google a violé la Section 2 du Sherman Antitrust Act en utilisant des accords de distribution exclusifs pour cimenter sa position dominante. Ces accords, couvrant des produits phares comme Google Search, Chrome, Google Assistant et l’application Gemini, ont été jugés comme ayant des effets manifestement anticoncurrentiels, empêchant ainsi l’émergence et la croissance de rivaux sur des marchés cruciaux.
Le tribunal a formellement statué que Google est un monopoleur et qu’il a agi sciemment pour maintenir ce monopole. Le jugement souligne le pouvoir de monopole exercé par Google tant dans les services de recherche générale que dans la publicité textuelle associée, confirmant que ses stratégies de distribution étaient délibérément exclusives et destructrices de concurrence.
En conséquence, le jugement proposé impose des mesures correctives significatives. Google est désormais interdit de conclure ou de maintenir des contrats exclusifs relatifs à la distribution de ses services clés (Google Search, Chrome, Google Assistant et Gemini). Cette interdiction vise à restaurer une concurrence équitable et à ouvrir la porte à de nouveaux acteurs.
De plus, la firme californienne sera contrainte de rendre disponibles certaines données d’index de recherche et d’interaction utilisateur à ses rivaux et potentiels concurrents. Cette ouverture forcée de données, jusque-là jalousement gardées, devrait permettre aux concurrents de développer des alternatives plus robustes et compétitives. Google devra également offrir des services de syndication de publicités textuelles de recherche pour favoriser un environnement publicitaire plus concurrentiel.
Il est à noter que les plaignants ont ajusté leurs demandes, ne cherchant plus la cession obligatoire des investissements de Google dans l’intelligence artificielle. Ils exigent désormais une simple notification préalable pour les futurs investissements en IA, un changement qui pourrait signaler une approche plus pragmatique des régulateurs. Le remède concernant la syndication publicitaire a également été révisé pour mettre l’accent sur la parité, la transparence et le contrôle, assurant que les solutions proposées ne soient pas de simples palliatifs.
Source officielle IN THE UNITED STATES DISTRICT COURT
FOR THE DISTRICT OF COLUMBIA :
Depuis plusieurs années, Google fait l’objet de nombreuses procédures antitrust, aux États-Unis comme en Europe. Ces actions judiciaires visent à déterminer si la firme abuse de sa position dominante dans la recherche en ligne et la publicité digitale, au détriment de ses concurrents, des utilisateurs et du marché tout entier. Pour les professionnels du marketing digital et du SEO, ces affaires ne sont pas de simples batailles juridiques. Elles annoncent potentiellement une transformation structurelle du paysage numérique. Si les régulateurs parviennent à restreindre la main mise de Google sur les SERP et les enchères publicitaires, c’est toute une industrie qui pourrait voir ses équilibres redistribués. Quels changements concrets faut-il anticiper ? Quelles opportunités pourraient émerger dans un environnement digital moins centralisé ?