Le Décret n°2024-528 du 10 juin 2024 introduit plusieurs modifications importantes au Code de la route et au Code pénal français. Ce décret vise à renforcer la sécurité routière, à simplifier certaines procédures et à adapter la réglementation aux nouvelles technologies automobiles.

Les nouvelles dispositions à respecter en matière de sécurité et de circulation routières : Contraventions et sanctions

Manœuvres Acrobatiques

Le décret crée une contravention de 3ème classe pour les manœuvres acrobatiques sur la voie publique, assortie d’un retrait de 2 points du permis de conduire. Les conducteurs peuvent également voir leur permis suspendu jusqu’à trois ans et être obligés de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière à leurs frais.

Non-Respect des Distances de Sécurité

Le décret introduit une nouvelle contravention pour le non-respect des distances de sécurité. Les conducteurs doivent maintenir une distance minimale de 2 secondes par rapport au véhicule qui les précède. En cas de non-respect, une amende de 135 euros et un retrait de 3 points du permis de conduire sont prévus.

Simplification de la Constatation des Infractions

Le décret élargit la liste des infractions pouvant être constatées sans interception du véhicule et allonge la liste des contraventions de 5ème classe pouvant faire l’objet d’une amende forfaitaire.

Amélioration du Suivi des Peines d’Éthylotest Anti-Démarrage (EAD)

Le décret améliore le suivi de l’exécution des peines d’éthylotest anti-démarrage, notamment en affranchissant les usagers de la restitution de leur permis de conduire contre la remise d’un certificat en cas de récidive.

Modifications des Procédures Liées à l’Alcoolémie et aux Stupéfiants

Les infirmiers et infirmières sont désormais autorisés à effectuer des prélèvements sanguins dans le cadre de contrôles d’alcoolémie ou de stupéfiants, simplifiant ainsi les procédures de vérification.

Encadrement de l’Utilisation des Aides au Stationnement

Le décret définit les conditions d’activation de la fonction d’aide au stationnement à distance. Cette fonction ne peut être activée que par une personne titulaire du permis de conduire correspondant à la catégorie du véhicule, ou par un élève conducteur sous la surveillance d’un accompagnateur. La personne contrôlant la manœuvre doit se situer dans un rayon maximal de 6 mètres du véhicule et avoir une visibilité claire sur celui-ci et la circulation avoisinante.

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Référence Publiée : Décision du 22 mars 2019

Un cas pertinent est la décision du Conseil constitutionnel du 22 mars 2019, n° 18-13.015, qui a déclaré conforme à la Constitution l’article L. 412-8 du Code de la route, obligeant les conducteurs à maintenir une distance de sécurité suffisante par rapport aux véhicules qui les précèdent. Cette décision montre que les obligations de sécurité routière, telles que celles renforcées par le Décret n°2024-528, sont en accord avec la Constitution française.

Implications juridiques et procès potentiels

Le Décret n°2024-528 du 10 juin 2024 pourrait donner lieu à de nouveaux types de procès en matière de sécurité routière. Bien qu’aucun cas spécifique n’ait encore été jugé en raison de la récence du décret, on peut anticiper 4 scénarios de contentieux potentiels :

1/ Contestation des contraventions pour manœuvres acrobatiques

La nouvelle contravention de 3ème classe pour manœuvres acrobatiques pourrait faire l’objet de procès, notamment sur la définition précise de ce qui constitue une « manœuvre acrobatique ». Des conducteurs pourraient contester ces infractions devant les tribunaux, arguant que leurs actions ne correspondent pas à la définition légale.

2/ Litiges sur les distances de sécurité

Les procès liés au non-respect des distances de sécurité pourraient augmenter. Les avocats de la défense pourraient remettre en question la fiabilité des méthodes de mesure de la « règle des 2 secondes » lors de procès, en particulier dans des conditions de circulation complexes.

3/ Contestations des amendes forfaitaires

L’extension de la liste des contraventions de 5ème classe pouvant faire l’objet d’une amende forfaitaire pourrait entraîner une augmentation des procès en contestation de ces amendes. Les tribunaux pourraient être amenés à statuer sur la légalité de ces procédures simplifiées dans certains cas spécifiques.

4/ Litiges sur l’utilisation des aides au stationnement

Les nouvelles règles encadrant l’utilisation des aides au stationnement à distance pourraient donner lieu à des procès, notamment en cas d’accidents. Les tribunaux devront déterminer la responsabilité du conducteur utilisant ces technologies dans le respect ou non des nouvelles normes.

Nouveau décret pour renforcer la sécurité routière : ce qu’il faut en retenir

Le Décret n°2024-528 vise à renforcer la sécurité routière, il est probable qu’il génère de nouveaux types de procès et de jurisprudences dans les années à venir. Les tribunaux joueront un rôle crucial dans l’interprétation et l’application de ces nouvelles dispositions légales. Le décret apporte des modifications significatives visant à renforcer la sécurité routière, à simplifier la constatation des infractions et à adapter les règles aux nouvelles technologies. Ces mesures devraient contribuer à réduire les accidents et à améliorer la sécurité.

Cet article est fourni à titre indicatif et ne remplace pas les conseils juridiques professionnels. Pour des informations précises et adaptées à votre situation, il est recommandé de consulter les articles de loi officiels ou de faire appel à un avocat spécialisé en cas de procès.

Références : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049689998